Surfeuse landaise âgée de 19 ans, Zoé Jaeckin voue une belle passion à sa discipline. Ancienne championne de France et 4e du circuit Pro Junior Européen, la jeune femme a, pour la saison prochaine, des envies de free surf et de voyages, sans négliger totalement les compétitions. Zoé Jaeckin s’est confiée en interview pour le blog !
– Zoé, peux-tu te présenter en quelques phrases aux lecteurs du blog ?
Je m’appelle Zoé Jaeckin, j’ai 19 ans et je viens d’Hossegor. Je mène un double projet sportif et universitaire. Je suis en deuxième année en école de commerce, à KEDGE Business School, à Bayonne. Dans le cadre de ma deuxième année, je viens tout juste de terminer mon stage de 4 mois en Indonésie. Cela m’a permis de valider mon année. Côté surf, je suis surfeuse élite « professionnelle ». J’évolue sur le circuit Pro Junior Européen, j’ai terminé 4e cette saison. J’ai également été sacrée championne de France il y a quelques années. Aujourd’hui, je me dirige peu à peu vers une orientation davantage free surf, en me recentrant sur les trips. Je garde quand même un pied dans la compétition, je ne mets pas un grand coup d’arrêt. Je souhaite néanmoins, durant un ou deux ans, voir ce que le free surf m’apporte, découvrir autre chose. S’il y a néanmoins des compétitions à proximité de chez moi, je m’y rendrai.
– Dans quelles circonstances as-tu découvert le surf ?
C’est un peu une histoire de famille, mes deux parents sont surfeurs et ma grande sœur (j’ai 3 sœurs) faisait également du surf. Mon père était d’ailleurs journaliste pour le magazine Surf Europe, et a commenté des compétitions sur le circuit professionnel pendant 15 ans.
J’ai débuté le surf à 4 ans ½, je ne pouvais m’inscrire dans un surf club qu’à partir de cinq ans. Le fait que mes parents et ma grande sœur soient très impliqués dans ce sport m’a donné la motivation. C’était très « naturel » pour moi de suivre le mouvement. J’avais également tous mes copains qui faisaient du surf, c’était donc un peu évident. Dès que j’ai eu cinq ans, je me suis inscrite au Hossegor Surf Club, et je n’en suis jamais partie ! Tout le monde faisait de la compétition et j’ai donc commencé à participer petit à petit aux compétitions, et à battre petit à petit ma grande sœur. Les compétitions permettaient aux membres du club de se retrouver, et j’ai toujours eu cet esprit compétitif. Je voulais faire mieux que ma grande sœur, j’ai commencé à avoir un bon niveau et on prend ensuite goût à la compétition, tout simplement. C’est devenu rapidement un plaisir, petite je gagnais vraiment beaucoup de choses (sourire) !
– Qu’est-ce qui te plaît le plus dans le surf ?
Je pense que c’est la liberté, celle de choisir mes vagues, mon style, tout ! L’océan est un élément qui bouge en permanence, et cela me convient bien, car je n’aime pas du tout la routine. Quand je suis dans l’eau, c’est le moment où j’ai le plus confiance en moi. Grâce au surf, j’ai eu beaucoup d’opportunités de voyager, de découvrir de nombreux pays et plein de personnes incroyables. Cela m’a énormément enrichie.
Le surf m’a offert la possibilité de m’exprimer comme je le souhaite, et cela m’a donné une grande confiance en moi.
– Quelles sont tes conditions idéales pour une belle session surf ?
Ça c’est une question facile (sourire). Il faut qu’il y ait un bon 1m50, pas trop de vent ou alors un petit vent offshore, et de préférence l’été afin que l’eau soit un peu meilleure… Et pas beaucoup de monde à l’eau, juste mes copains !
« Ten at Twenty », belle vidéo consacrée à la surfeuse landaise Zoé Jaeckin
-Quels sont tes points forts en tant que surfeuse ?
Je ne sais pas du tout (rires) ! Je devrais peut-être demander à mon coach…
Je dirais la fluidité, je l’ai priorisée à l’agressivité. Ce n’est pas super en compétition, car on demande d’être agressif… Concernant les manœuvres, mon principal point fort concerne les carves.
– Tu as participé cette saison à plusieurs épreuves du circuit QS Europe, à Anglet, Pantin et Lacanau. Quel bilan en tires-tu ?
Honnêtement, ce n’était pas la meilleure saison en termes de résultats. Je travaillais souvent l’été, pour mettre de l’argent de côté. Cela ne m’a pas laissée beaucoup de temps pour m’entraîner. J’ai également eu des petits soucis de santé, qui m’ont laissée très fatiguée. J’ai toutefois réussi un bon résultat en Pro Junior, avec cette 4e place. Cela m’a appris une chose, que pour réussir on doit s’investir à 100%, pas à moitié. Cet été j’étais un peu entre deux projets, cela s’est ressenti je pense. Malgré tout, j’ai adoré participer à ces compétitions. J’ai appris à surfer vague par vague, série par série, sans trop me mettre la pression.
– Y a-t-il des destinations qui te font rêver pour un trip surf ?
Complètement, il y en a beaucoup ! Je pense à Hawaii, qui est une destination incontournable. Je n’ai pas eu encore la chance de m’y rendre, c’est dans mes projets… J’ai un calendrier qui est quand même assez chargé, donc ça ne sera pas pour tout de suite, ni pour l’année prochaine.
J’aimerais également aller aux Fidji, je crois d’ailleurs que cela va bientôt se réaliser !
Je croise les doigts…
– As-tu des sources d’inspiration parmi les surfeuses ?
Bien sûr, ma plus grande source d’inspiration chez les filles est Stephanie Gilmore. Elle a su conserver sa fluidité, tout en ajoutant l’agressivité quand il le fallait. C’est l’une des plus grandes surfeuses de tous les temps, voire la plus grande, elle a quand même gagné huit titres mondiaux… Elle est par ailleurs toujours restée humble malgré son palmarès. Je l’ai rencontrée plusieurs fois, puisqu’avant d’être chez Rip Curl elle était chez Roxy. Même quand il y avait des choses qu’elle ne souhaitait pas faire, cela ne se ressentait pas, elle était toujours à fond. Stephanie Gilmore est un exemple, dans tous les sens du terme !
– Tu mènes actuellement un double projet, entre études supérieures et sport de haut niveau. Comment parviens-tu à concilier cela ?
J’ai entamé ce double projet au collège, j’ai donc pris l’habitude d’allier les études et le surf. Cela m’a permis d’être organisée, mais c’est vrai que ce n’est pas facile tous les jours. Il convient de trouver le bon équilibre entre les études – sachant qu’on t’en demande pas mal à ce niveau-là – et le surf de haut niveau. D’autant que personnellement, si ça ne va pas dans le surf, ça se ressent dans mes études, et inversement. Je suis actuellement en deuxième année à KEDGE et j’ai des professeurs qui sont hyper compréhensifs, très présents, qui m’aident quand je dois m’absenter pour participer à des compétitions ou même aller m’entraîner. Pour les championnats du monde par exemple, l’an dernier ou il y a deux ans, j’étais partie au Brésil et j’avais loupé pas mal de cours. Les professeurs avaient suivi mes séries et mes résultats. En rentrant, j’avais mes partiels et les profs étaient venus une semaine avant, me donner « deux-trois petits conseils ». Quand je ne comprenais pas, ils prenaient le temps de m’expliquer. C’était vraiment cool de leur part.
J’aime ce rythme un peu intense, je n’aime pas m’ennuyer donc au final cela me convient bien ! Pour l’instant, les choses se passent bien donc je suis vraiment contente.
-Je crois que tu cherches un agent, pour t’accompagner dans ta carrière sportive… Quels sont tes besoins à l’heure actuelle ?
Je cherche en effet un agent de confiance, pour m’aider à gérer mon image, à trouver de nouveaux partenaires et à m’accompagner dans ma carrière. Je souhaiterais quelqu’un an qui sache bien négocier à ma place. Même si je suis plutôt débrouillarde, j’ai encore beaucoup à apprendre… Je suis encore une petite blonde de 19 ans, il y a forcément parfois des marques qui ne me prennent pas au sérieux. J’aimerais donc un agent qui me permettrait d’être mieux encadrée, et qui me libérerait du temps pour que je puisse me concentrer à 100% sur le surf, et évoluer dans ma carrière sereinement.
J’ai mis en ligne un post sur LinkedIn, j’ai eu au moins 150 messages ! Je ne m’attendais pas du tout à ce que cela prenne cette ampleur, cela va être difficile de faire le tri (sourire).
– Quels sont tes objectifs sportifs et extra-sportifs pour le futur ?
A court terme, je participerai aux compétitions proches de chez moi, je serai ainsi présente aux championnats de France. J’espère ramener un titre ! Il y aura aussi un Pro Junior à San Sebastian, j’aimerais le remporter pour ma dernière année chez les Juniors. Même si je tourne désormais vers le free surf, je ne négligerai pas ces compétitions. Mon objectif principal est de continuer à progresser, de vivre de ma passion et de continuer à saisir les opportunités qui se présentent !
Concernant l’extra-sportif, l’année prochaine j’achèverai ma troisième année et je partirai six mois en Australie, pour réaliser un CDD là-bas et valider mon Bachelor. Je suis vraiment heureuse, je partirai d’ailleurs – si tout se passe bien – sur la Gold Coast, où j’ai de la famille.
– Un message à faire passer aux lecteurs du blog, pour conclure cette interview ?
Il faut se donner à 100% dans ses projets pour réussir, avec de la passion et de la persévérance tout est possible !
Pour suivre Zoé Jaeckin sur Instagram :
https://www.instagram.com/jaeckin_zoe/?hl=fr
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