Zoom sur Maeliss Conan, multiple championne du monde de roller

Fervent utilisateur du réseau social professionnel LinkedIn, j’ai réalisé en février 2018 un portrait de l’athlète Maeliss Conan, quelques mois après l’avoir mise en avant sur le site web Les Sportives (un article aujourd’hui disparu). J’ai beaucoup apprécié cette rideuse et lui souhaite le meilleur pour ses prochaines échéances !

Dix fois championne de France, quadruple championne du monde, double championne d’Europe et recordwoman d’Europe avec 1m20 franchis… et pourtant en galère financière et médiatique. Maëliss Conan est une star dans sa discipline, le saut en hauteur à roller sans tremplin (alias freejump), et le fer de lance de son club, les Dragons Riders de Méry-sur-Oise. La rideuse francilienne a débuté le roller à 5 ans et le freejump à 10 ans, en 2004. « On m’a dit de sauter une barre et je l’ai franchie ! Mon professeur a repéré lors des essais que je sautais déjà très bien, il avait confiance dans mes capacités et m’a tout de suite demandé si je voulais faire de la compétition. J’ai dit oui, je ne me serais jamais doutée que j’en serais là aujourd’hui ! », confia t-elle en interview pour le site web des Sportives, en octobre 2017. Aujourd’hui, justement, Maëliss Conan a considérablement garni l’armoire à trophées, devenant fin 2017 vice-championne du monde à Nankin (Chine). Cependant, la jeune sportive a du mal à joindre les deux bouts, faute de médiatisation suffisante de sa discipline et d’appui de sponsors.

« Actuellement, l’idéal pour moi serait de trouver de gros sponsors. Dans le roller malheureusement on ne gagne jamais d’argent, bien au contraire, on en dépense beaucoup (voyage, logement, repas ou bien même l’inscription à la compétition). Pour pouvoir continuer mon sport et pouvoir vivre à côté je dois donc beaucoup travailler. Cela fait maintenant 4 mois que je n’ai pas pu m’entraîner parce que je travaille à plein temps. Mais le dilemme est là : sans travail je ne peux pas financer mes compétitions mais je peux aller m’entraîner, avec un travail je peux financer certaines de mes compétitions mais je n’ai plus le temps de m’entraîner », nous a confié Maëliss. Qui ne bénéficie pas non plus de subventions pour la pratique de sa passion, le freejump.

Maeliss Conan, championne du monde de saut en hauteur à roller – Photo Pierre N’guyen

« Il faut savoir que le roller n’est pas considéré comme un sport de haut niveau pour l’Etat, ce qui fait que je ne peux ni bénéficier d’aménagement de travail, ni percevoir de subvention. Je suis très fière d’avoir été 4 fois championne du monde et 1 fois vice championne mais malheureusement cela ne change rien à ma situation. Ce n’est pas pour autant que j’ai des subventions ou des aides quelconques même si je représente pourtant la France lors des championnats d’Europe et les championnats du Monde. J’essaie en général de participer au plus d’étapes possible mais il m’est déjà arrivé d’en manquer certaines car ça me revenait trop cher. Et cette année est particulièrement compliquée parce que je travaille beaucoup », explique la Parisienne. Toutefois, Maëliss Conan s’épanouit également dans son job.

« J’aime mon travail. Je suis vidéaste mais je suis essentiellement monteuse et je travaille pour la télévision dans une société de post-production à Boulogne. J’aimerais me diriger vers le cinéma mais c’est un milieu très fermé. Sans piston c’est quasi impossible d’y rentrer. Je ne lâche pas l’affaire et je continuerai de tenter d’y rentrer parce que, tout comme pour le roller, j’ai une très grande volonté d’y arriver. À côté de ça, avec des amis, nous avons une association, OUPAS Production (https://www.facebook.com/oupasproduction/) avec laquelle on fait des courts-métrages ainsi que des petites vidéos lifestyle. Récemment, il y a même une ville du sud-ouest, Cintegabelle, qui nous a demandé une petite vidéo sur son patrimoine où on y découvre de très beaux paysages (la vidéo est disponible sur la page Facebook). Cette association nous fait rêver et nous espérons pouvoir la développer et concrétiser nos projets. »

Dans le futur idéal de Maëliss Conan, concilier boulot et compétitions serait le combo parfait, mais on en revient au problème de sponsors… La rideuse est lucide sur sa situation, et lance un appel :

« Aujourd’hui, avoir un gros sponsor qui puisse m’aider financièrement me permettrait d’aménager moi-même mon temps de travail, donc de pouvoir reprendre l’entraînement et continuer mes compétitions sereinement. Je pourrais alors tenter de récupérer mon record que j’ai perdu lors des derniers championnats du Monde en septembre. Autrement ça risque d’être très compliqué ».

Souhaitons à Maëliss Conan d’avoir toute la reconnaissance et le soutien qu’elle mérite…

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