Une interview marquante : Jérémy Badré, champion du monde de sauvetage sportif

D’août à septembre 2018, je vécus une belle aventure avec Sportihome, plateforme d’hébergements entre sportifs particuliers. J’écrivis en effet 25 articles en 30 jours de collaboration, pour le Magazine de Sportihome , tissant une belle relation de travail avec le CEO Sylvain Morel et son équipe.

Parmi les articles qui m’ont marqué, l’interview deJérémy Badré, champion du monde de sauvetage sportif et riche d’un impressionnant palmarès.

Voici un extrait de cette interview avec Jérémy Badré !

Jérémy, peux-tu nous expliquer en quoi consiste le sauvetage sportif, qui reste assez méconnu en France ?
C’est un sport qui se déroule en piscine et en mer, nous sommes 6 sauveteurs répartis sur 12 épreuves individuelles. Elles délivrent chacune un titre (champion de France, champion du monde…). On doit donc être à la fois spécialistes, pour être performants et grimper sur les podiums, et polyvalents de façon à pouvoir apporter le plus de points pour le classement général de l’équipe.

En piscine, on a des mannequins complètement immergés (ou semi-immergés) de 43kg à remonter, et à remorquer par exemple sur 50m.
En mer, on doit composer avec des parcours : cela peut être un aller-retour entre des bouées, avec une course à pied au préalable, un parcours avec une planche de sauvetage ou encore avec un kayak.
L’épreuve reine du sauvetage s’appelle l’OceanMan, c’est un combiné de tout ça. Peu importe les conditions, les sauveteurs y vont, même s’il y a 2m50 ou 3m de vagues ! Ce n’est pas un souci…

Qu’est ce qui t’as donné envie de te mettre à ce sport ?
Cela vient de mon entraîneur de natation, Raphael Raymond, qui me coache depuis que j’ai 9 ans. Cela fait donc 19 ans que je m’entraîne avec lui. Il a été sélectionneur de l’équipe de France de sauvetage, assez tôt dans sa carrière. Un jour, il m’a dit : « tu a été champion de France cadets en natation ; mais tu vas désormais devoir affronter sur tes épreuves Manaudou, Bousquet, Gilot, Leveaux, Alain Bernard… Si tu veux rentrer en équipe de France, il va falloir être dans le Top 5 mondial. Tu auras plus de facilités à entrer en équipe de France de sauvetage que de natation… »

Je me suis donc mis au sauvetage, et je me suis éclaté à faire ça ! J’ai commencé à décrocher quelques titres, mais je manquais encore de polyvalence pour intégrer la sélection nationale. Un objectif que j’ai atteint en 2013…

Qu’est ce qui te plaît le plus dans le sauvetage sportif ?
L’ambiance y est beaucoup plus familiale, il y a un vrai partage et de réelles valeurs, telles que l’entraide et le don de soi. C’est encore plus flagrant en Australie, puisque les sauveteurs sont obligés de surveiller les plages à tour de rôle, le week-end, dés l’âge de 16 ans. C’est du bénévolat, ils doivent faire minimum 25h/an, faute de quoi ils ne sont pas autorisés à disputer des compétitions. Il serait intéressant de pouvoir adapter cela en France…

Quelles sont les qualités à avoir pour performer dans cette discipline ?
A la base, il faut être un bon nageur, avec des qualités de force pour ramener le mannequin et utiliser les palmes. Pour la partie côtière, il faut beaucoup d’expérience pour lire au mieux le plan d’eau et adopter la bonne stratégie. On doit également être endurant, puisque l’épreuve reine en côtier dure une quinzaine de minutes…

Tu as décroché plusieurs médailles aux Jeux mondiaux, l’équivalent des Jeux Olympiques pour le sauvetage sportif. Quels y sont tes souvenirs les plus marquants ?
Les Jeux Mondiaux 2013 en Colombie, vraiment. C’était la première fois que je disputais une compétition dans une piscine à guichets fermés, avec 4 000 spectateurs dans les gradins. Lors de la dernière épreuve, nous avons établi un record du monde, c’était la folie en tribunes ! Les 4 000 personnes ont déclenché une ola, je m’en souviendrai toute ma vie…

A l’heure actuelle, est-il possible de vivre du sauvetage sportif, en France et dans le monde ?
En France non, on ne gagne rien du tout, hormis deux-trois primes dérisoires. En Australie par contre, les meilleurs sauveteurs présents sur le circuit pro, sponsorisé par la marque Kellogg’s, gagnent très bien leur vie. Je pense que c’est dans les 100 000 € l’année… Kellogg’s a d’ailleurs développé là-bas une gamme de céréales qui fait figurer sur le paquet la tête du sauveteur ! Pour te dire que les mecs sont vraiment connus, ça passe en direct à la TV, c’est un autre niveau…

La suite de cette interview est disponible en cliquant sur ce lien

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