En juillet 2017, alors que ma forme était loin d’être olympique, mon ami Manu Massabova me lança le challenge de participer à l’écriture de son ouvrage « Adrénaline » (paru aux Editions Tana). J’acceptai de bon coeur et fut chargé de m’occuper de la partie « Water », autrement dit des sports d’eau. Mon travail consista alors à légender les images présentes sur le livre, qui était une compilation des plus belles photographies Red Bull liées aux sports extrêmes. Une mission qui me remit le pied à l’étrier, à un moment où j’étais en plein doute, et je ne remercierai jamais assez Manu pour ça.
Voici la retranscription de l’introduction des pages « Water » !
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« Tu dois vivre dans le présent, te lancer au-devant de chaque vague, trouver ton éternité à chaque instant ». Cette citation du philosophe américain Henry David Thoreau colle parfaitement à l’esprit des sportifs de l’extrême, catégorie sports d’eau. Faire le plein de sensations fortes, recueillir sa dose d’adrénaline en parfaite communion avec la nature, tel est le leitmotiv des riders. Ceux qui pratiquent un sport extrême dit aquatique ont la chance d’évoluer dans un décor mêlant rêve, poésie et grand frisson, et qui offre des perspectives quasi-illimitées. « Homme libre, toujours tu chériras la mer », écrivait Charles Beaudelaire. Le poète ne se doutait pas à quel point il avait raison, et les sportifs de l’extrême ne cessent de repousser leurs limites dans le respect de l’océan. Aujourd’hui, les performances s’écrivent aux quatre coins du globe, nous estomaquent et nous éblouissent jour après jour.
Prenez Benjamin Sanchis et son incroyable session dans une vague de 33 mètres à Nazaré, le 11 décembre 2014. Sancho entrait ce jour-là de plein pied dans l’histoire du surf, comme Jason Polakow en planche à voile. Le 2 février 2016, l’Australien devenait ainsi le premier windsurfeur à dompter Nazaré, une vague portugaise XXL décidément riche en records. Et que dire des kitesurfeurs, qui sont capables de s’envoler à près de 30 mètres de haut, à l’instar du Danois Nick Jacobsen (28,6m en février 2017), des kayakistes de l’extrême qui naviguent dans des eaux ultra dangereuses sans sourciller, ou des plongeurs des Red Bull Cliff Diving World Series qui se jettent à 28 mètres de haut… Ils ne sont pas des surhommes ni des têtes brûlées, ces hommes (et ces femmes) ont accepté les règles du jeu et mettent tout en œuvre pour réduire au maximum les risques. Les sports extrêmes sont un style de vie, un art et pas seulement des sports. Mais au juste, comment sont nés les principaux sports extrêmes ?
« Le surf nous apprend à affronter la vie », disait la légende Gerry Lopez. Sport ancestral, le surf trouverait ses origines dans le Pacifique. Le marin britannique James Cook est ainsi la première personne à avoir vu un surfeur aux îles Sandwich, en 1778. Tué par les indigènes, James Cook laissa sa place à James King, qui relatera en 1779 la pratique du surf à Kealakekua Bay, sur la grande île d’Hawaii. Si le surf disparaît au XIXe siècle, les missionnaires jugeant ce sport déplacé, la discipline refait surface vers 1900 grâce à Duke Kahanamoku, dit le Duke, et Georges Freeth. En France, le surf a émergé en août 1956, grâce à deux Américains. Peter Viertel et Richard Darryl Zanuck, venus tourner le film « Le soleil se lève aussi », d’après le livre d’Ernest Hemingway, sont les premiers à introduire le surf à Biarritz. Un phénomène est né, avec ses stars telles que Tom Curren, Steph Gilmore, John John Florence et Kelly Slater. En 2020, le surf fera ses premiers pas aux Jeux Olympiques de Tokyo, ce qui promet d’envoyer du lourd !
Le windsurf a été inventé, lui, en 1968 par Jim Drake et Hoyle Schweitzer. Newman Darby est également considéré comme l’un des inventeurs du windsurf, mais n’a jamais déposé aucun brevet. Dans les années 70 et 80, la France devient le pays phare pour la planche à voile, et la discipline entrera en 1984 aux Jeux Olympiques. Depuis, des champions ont propagé la bonne parole, à l’image de Robby Naish (24 titres mondiaux), Antoine Albeau (23 titres mondiaux) ou Bjorn Dunkerbeck (42 sacres) et des événements de légende existent, tel le Défi Wind de Gruissan. Quant au kitesurf, il est né par la persévérance de deux Français, les frères Dominique et Bruno Legaignoux. Le kite s’est ensuite développé grâce à des personnes comme Manu Bertin et Raphaël Salles, l’année 1998 sonnant comme le vrai départ pour cette pratique sportive. Le kitesurf sera présent aux Jeux Olympiques de la Jeunesse 2018, et compte de nombreuses stars comme le triple champion du monde de vitesse Alex Caizergues, Charlotte Consorti, Youri Zoon, Aaron Hadlow, Nico Parlier et Axel Mazella.
Catégorie Sports d’eau, on peut également citer comme sports extrêmes le wakeboard, le kayak extrême, le plongeon extrême, le ski nautique et le bodyboard. Des disciplines à risques, mais ceux-ci sont mesurés. A très haut niveau, l’accident est rare eu égard à la préparation des riders. La compétition stimule, l’adversité transcende et la solidarité entre sportifs existe bel et bien. En kitesurf freestyle, la blessure fait partie de la vie d’un champion et beaucoup se sont déjà abîmés les ligaments croisés du genou. Mais la passion est la plus forte, le besoin d’adrénaline trop puissant pour que ces vaillants riders renoncent à la moindre difficulté.
Et maintenant ?
Le futur s’écrit sous nos yeux avec l’explosion du foil en kitesurf, windsurf et stand up paddle. Ou comment jouer dans le petit temps, sans gros vent et ressentir d’intenses sensations de glisse. Glisser sur l’eau est désormais ouvert à tous, et les riders ne comptent pas s’en priver !
Au rang des pionniers, on retrouve le célèbre Laird Hamilton, inventeur du surf tow-in (surf tracté) pour chasser les très grosses vagues. L’Hawaiien, qui fut le mentor de Kai Lenny (prodige notamment connu pour avoir surfé l’immense vague de Jaws sur quatre supports différents dans la même journée, en surf tracté, en SUP, windsurf et kitesurf, et multiple champion du monde de paddle) est en effet l’un des concepteurs du « foilboard » en surf. Objectif : se tenir debout comme en surf, et voler au-dessus de l’eau ! Le foil n’en a pas fini de faire tourner les têtes puisque Kai Lenny a inventé, courant avril 2017, l’ « Hydrofoiling bodyboard», après avoir ridé en 2016 un foil auto-propulsé, qui lui avait permis de prendre deux vagues en surf. Bref, le foil est le nouveau joujou des riders, et rien que pour le meilleur. Nous n’avons pas fini d’en prendre plein les yeux grâce aux exploits et performances des amoureux des sports extrêmes, tant mieux pour le spectacle !
En savoir plus sur Le blog de Nicolas Arquin, dédié aux sports extremes et de glisse
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