Un bel article écrit pour la Nautic Paddle 2018, dans SUP Magazine !

Je l’avais évoqué en quelques mots dans mes souvenirs de reportage liés au Nautic de Paris, le prestigieux Salon Nautique de Paris. Le 9 décembre 2018, soit deux mois après mon embauche en CDI salarié par Nivéales Médias, j’étais envoyé aux abords de La Seine pour un passionnant reportage au coeur de la Nautic Paddle 2018, compétition phare de Stand Up Paddle. Près de 1 000 concurrents se sont alors mis à l’eau !
Cet article-reportage compilant de nombreux témoignages de riders, et comptant environ 12 000 signes, fut par la suite publié dans SUP Magazine.

Voici la reproduction de ce format long qui m’avait empli de fierté !

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Reportage au cœur de la Nautic Paddle 2018 !

Plus grande course SUP du monde, la Nautic Paddle a encore justifié sa réputation, dimanche 9 décembre 2018 ! 800 riders, dont une trentaine d’athlètes élite, ont bravé le vent et le froid, pour le plaisir de faire du paddle sur la Seine. Retour sur un event haut en couleurs, la Nautic Paddle 2018, vue par les participants amateurs !

Dimanche 9 décembre 2018, 6h45. Malgré l’heure matinale, le quai de la Gare, non loin de la Bibliothèque François-Mitterrand, est en effervescence. C’est ici que les organisateurs de la 9e Nautic Paddle ont donné rendez-vous aux 800 aficionados de SUP retenus – via un tirage au sort – pour participer à la course parisienne, soit 100 participants de plus qu’en 2017. Dans un peu plus d’une heure, ces riders amateurs (auxquels se mêleront des professionnels et une trentaine d’athlètes élite participant au circuit APP World Tour) vont avoir un privilège rare : celui de pagayer sur la Seine durant 11 kilomètres, du Pont de Tolbiac au Quai de Javel Bas, et de passer sous 27 des 29 ponts de la capitale !

Une vraie chance, comme le confirme Jean-Pierre, venu spécialement d’Antibes : « c’est ma première Nautic Paddle, cela fait trois ans que j’essaie de m’inscrire. Cette année, j’ai gagné l’Euromillions, j’ai la chance de pouvoir participer à cette course ! », lâche tout sourire le sudiste.

Prendre du plaisir sur l’eau, s’émerveiller de la beauté architecturale de la capitale au gré des monuments aperçus, tels sont les objectifs de nombreux amateurs présents ce dimanche 9 décembre à Paris. Et ils comptent bien profiter de l’effet de groupe pour aller au bout d’eux-mêmes…

« Cette Nautic Paddle représente à nos yeux un joli challenge, un dépassement de soi. C’est extraordinaire d’être 800, de partager la même passion et de bénéficier de cette émulation collective », glissent Sandrine et Maya.

Croisé au milieu de la foule, Romain a les yeux qui pétillent et on comprend vite pourquoi : « je n’étais pas censé être sélectionné, mais il y a eu des désistements au dernier moment, hier. C’est une chance ! On sait qu’il y a beaucoup de personnes qui candidatent, et seulement 800 places. Cela donne envie d’aller jusqu’au bout, peu importe le temps… » nous confie le dossard 858.

Caroline, d’Angers, a le sens de la formule : « La Nautic Paddle représente une course mythique dans la plus belle ville du monde ! »

A l’opposé de la zone de départ, Olivia Piana, fraîchement couronnée championne du monde ISA en Chine, se glisse… dans un costume de T-Rex, décidée à faire le show sur l’eau avec cinq autres riders-dinosaures. Car la Nautic Paddle est également une grande fête, et nombreux sont les amateurs à avoir opté pour des déguisements. Tels ces riders avec des masques de Stormtroopers, faisant leur « entrée » sur la musique de Star Wars. Point de Yoda à l’horizon, mais la force fut avec les 800 concurrents !

8h. Le lancement de la 9e Nautic Paddle est imminent, pas de quoi toutefois perturber Laurent et sa fille Jeanne, 16 ans, venus du Val d’Oise. « Cette course est une découverte, on fait du paddle l’été, tranquillement. Comme nous venons de la région parisienne, on s’est dit que cela serait sympa de voir Paris d’un nouvel angle, sur la Seine. Nous sommes des privilégiés, car il y a beaucoup de demandes et peu d’élus. Il y a un peu de vent, il fait un peu frais mais on est prêts », nous lance le paternel.

Travaillant chez Fit Ocean, les Allemands Mark et Werner sont également enthousiastes : « c’est fantastique d’être ici. Il y a beaucoup de monde, une très bonne organisation, c’est parfait ! »

Evènement international avec 29 nationalités différentes représentées, la Nautic Paddle 2018 est un vrai cadeau de Noël avant l’heure pour les amoureux du SUP, réunis à Paris ce 9 décembre. Si leurs objectifs de performance sont différents, les riders sont bien conscients de vivre un moment rare, de goûter à un privilège absolu : celui d’évoluer sur la Seine, dans un environnement majestueux et chargé d’histoire.

8h20. La Nautic Paddle 2018 est lancée, sous le crépitement des appareils photos et les coups de pagaie des 800 participants (dont 33% de femmes). Des riders qui n’auront pas l’occasion de profiter de conditions de navigation tranquilles : au contraire, c’est plutôt un plan d’eau clapoteux et un fort vent de face sur une partie du parcours qui s’offrent à eux !

Pas une promenade de santé, donc, pour les amateurs, mais encore plus de fierté à l’arrivée…

« Cela a été super dur car il y avait beaucoup de clapot et de vent de face. C’était très compliqué de réussir à tenir debout, on devait se caler sur les côtés pour avoir le moins de vent possible, mais le clapot rebondissait contre les bateaux… Ce n’était pas une épreuve facile ! », confirme Grégoire Hembert, venu du Pays Basque. Arrivé parmi les premiers amateurs, le dossard 637 a parcouru les 11 kilomètres de l’épreuve en 1h12, se classant 15e de la catégorie loisirs, à 5’35 de Clément Barbouteau.

Vingtième « loisirs », l’Irlandais Patrick McCormack résume la Nautic Paddle à sa manière : « C’était super, le plan d’eau était vraiment agité et venté, mais c’était fun de faire du paddle dans Paris… Je suis fatigué ! »

Sur le parking arrivée, Fred, Jérémy, Gael et Oscar ont le sourire aux lèvres, et pour cause : ils ont achevé la longue distance de 11 kilomètres à la première place des équipages Dragon. « C’était la première fois que l’on naviguait tous les quatre ensemble, en équipage. C’était fort sympathique, les conditions étaient un peu difficiles avec du vent de face. Etre quatre, ça motive, quand l’un faiblit, les autres prennent le relais. Notre stratégie ? On est partis à fond, on a accéléré au milieu, et on a terminé à bloc (rires) », lancent les riders, venus d’Angers et St Malo.

A peine sortie de l’eau, Lola analyse avec plaisir sa course pour SUP Magazine : « En comparaison avec l’édition 2016, où il n’y avait pas eu de vent ni de clapot, là c’était dur. A certains moments, ce n’était pas une partie de plaisir… On a eu de la chance, il ne faisait pas si mauvais que ça, il n’a pas plu. Cela restait vraiment très agréable à faire ! Je devais être sur les appuis, toujours hyper concentrée. C’était difficile de faire un beau mouvement, car on réfléchissait plus à ne pas tomber qu’à aller chercher loin… », nous a confié la jeune femme d’Hendaye, membre du team Itiwit.

Quentin, de Noirmoutier, a quant à lui vécu l’instant tant redouté par de nombreux riders : « j’ai pris un bon départ puis je suis tombé à l’eau ! », se remémore le jeune homme, aux cotés de son camarade Julien. « C’était un peu compliqué, il y avait beaucoup de clapot, avec vent de face à mi-parcours, c’était chaud ! On est arrivés juste avant les premiers pros, mais ils ont parcouru 2 kilomètres de plus que nous ! »

Au milieu des amateurs, un athlète attire les regards : le surfeur professionnel Edouard Delpero. Venu découvrir la Nautic Paddle, le champion d’Europe 2018 de longboard s’est bien amusé parmi les 800 riders présents sur la Seine. « J’ai pris beaucoup de plaisir, c’est un effort très intense, tellement différent du surf que je n’étais pas préparé pour ça… Au milieu de 800 riders, il faut se faire son petit chemin, trouver sa petite place, détecter ceux qui sont habitués et qui arrivent à prendre les bons courants. Je longeais les bords pour éviter le vent, mais on a parfois pris des rafales… On n’avançait pas, on était à l’arrêt ! C’était dur mais cool. »

Autre guest star invitée à participer : Aurélien Ducroz, double champion du monde de ski freeride et rigolard à l’arrivée. « Pour être très franc, c’est un peu la première fois que je fais du SUP ! C’est dur, j’ai trouvé ça raide ! Je n’ai pas du tout l’habitude, je n’étais pas entraîné et sur la longueur j’étais cuit… On avait pas mal de vent de face à certains moments, donc en fait il ne fallait jamais s’arrêter, sinon tu reculais ! J’avoue qu’à partir du 7e kilomètre, j’étais dans le rouge », a analysé le skieur pour SUP Magazine.

Courant, clapot, vent, distance… terminer la Nautic Paddle se mérite et les finishers amateurs de l’édition 2018 avaient forcément le sourire aux lèvres, après avoir manié la pagaie durant 11 kilomètres. Radieuse, Chloé, de la team Volvo, ne fut pas vraiment perturbée par le plan d’eau : « Une fois que l’on est sur le paddle, on pagaie et on va jusqu’au bout, qu’il vente, qu’il pleuve… J’ai l’habitude de faire des sports en extérieur, donc les conditions ne m’ont pas du tout posé de problème ! »
La blogueuse (LaPenderiedeChloé.com) a évoqué pour SUP Magazine la stratégie adoptée par son équipage féminin, qui rallia l’arrivée en 1h40 : « Je me suis mise à compter de 1 jusqu’à 10 et nous avons commencé à pagayer en rythme. Nous n’avons pas eu plus de stratégie que cela, si ce n’est d’être motivées et de rester positives ! »

Thomas Neukirch, finisseur en 1h47 a, comme beaucoup, souffert de la puissance des éléments : « C’était difficile ! Dés que l’on sort de Notre-Dame et que l’on subit le vent de face, on a un petit moment de solitude. On se dit que cela va être encore long et que l’on aura du mal à aller jusqu’au bout. Puis il y a le soleil, on retrouve le sourire… mais heureusement que cela ne dure pas 2km de plus », livre le dossard 353.

Franck, venu de Boulogne-Billancourt avec son fils Adrien, a lui aussi dû puiser dans ses ressources mentales : « J’ai trouvé cela très dur ! Il y avait du vent de face et c’était vraiment très compliqué, très physique. Il fallait se recroqueviller pour avoir le moins de prise au vent sur le paddle, mais ce n’était vraiment pas simple. Je suis content d’avoir fini, j’étais à un moment donné à la limite de l’hypoglycémie et donc de l’abandon, mais on trouve de l’énergie, poussé par les autres… »

Nautic Paddle 2018 / Crédit photo John Carter
Nautic Paddle 2018 / Crédit photo John Carter

Avec 13,5 kilomètres à parcourir sur la Seine (soit le même parcours que les amateurs, plus un tour complet des îles de la Cité et Saint-Louis), les athlètes élite ont eux aussi assuré le spectacle à Paris, ce dimanche 9 décembre 2018.

La Nautic Paddle accueillait en effet la dernière étape du circuit mondial APP World Tour, et les stars avaient fait le déplacement : Arthur Arutkin, Connor Baxter, Casper Steinfath, Travis Grant, Michael Booth, Amandine Chazot, Shae Foudy, Candice Appleby, Terrene Black

Les choses sérieuses ont d’ailleurs débuté la veille pour Arutkin et les autres riders du tour APP. Une première manche Sprints fut ainsi lancée samedi 8 décembre sur le bassin du Nautic, Porte de Versailles. Arthur Arutkin eut le dernier mot avec 0,06 seconde d’avance sur Casper Steinfath, Annie Reickert dominant ses concurrentes féminines.
De quoi assurer au Nordiste de 21 ans sa première couronne mondiale APP World Tour en race, un titre historique. Arthur Arutkin est en effet le premier Français à remporter un titre de champion du monde sur le tour APP !

Les as du paddle se sont donc, ensuite, défiés sur la Seine, dimanche 9 décembre, avec au programme 13,5 kilomètres menés tambour battant. Et c’est finalement l’Australien Michael Booth qui a décroché la victoire, devant Connor Baxter, Leonard Nika et Arthur Arutkin.

Chez les femmes, la longue distance parisienne a consacré la Japonaise Yuka Sato devant Amandine Chazot et Shae Foudy, nouvelle championne du monde APP World Tour 2018.
Pour bien refermer le week-end, les athlètes Elite ont alors disputé, quelques heures plus tard, des courses par équipes dans le bassin du Nautic, remportées 2-1 par le « Team Rest of the World » face au « Team France ».

Aucun doute, les 800 SUP riders de la Nautic Paddle 2018 ont clairement vécu une épreuve éprouvante, riche en émotions, en sensations et en adrénaline. Vivement l’édition 2019 !

Résultats Nautic Paddle 2018

Elite Hommes Top 5

(Classement cumulé Sprints et Longue distance)

  1. Arthur Arutkin
  2. Michael Booth (Australie)
  3. Connor Baxter (Hawaii)
  4. Leonard Nika (Italie)
  5. Bruno Hasulyo (Hongrie)

Elite Femmes Top 3

(Classement cumulé Sprints et Longue distance)

  1. Shae Foudy (USA)
  2. Annie Reickert (Hawaii)
  3. Yuka Sato (Japon)

Pros Hommes Top 3

1. Stéphane Guiomar

2. Pampinella Tommaso (Italie)

3. Tom Villedary

Pros Femmes Top 3

1. Marie-Elphège Julienne

2. Hannah Leni Krah (Allemagne)

3. Neža Jarc(Slovénie)

Loisirs Hommes Top 3

1. Clément Barbouteau
2. Gwenael Breton
3. Martial Peck

Loisirs Femmes Top 3

1. Aurélie De Capele

2. Viola Hartrott (Allemagne)

3. Annie Quesney

Crédit photo de Une : Arthur Lockhart/Nautic


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