Interview de Pacôme Schmitt, athlète d’ice cross downhill (2018)

D’octobre 2017 à août 2018, j’ai écrit des articles pour le blog d’Adrenaline Hunter (désormais Manawa), première plateforme internationale de réservation de sports extrêmes et activités outdoor.
Début 2018, j’avais réalisé l’interview de Pacôme Schmitt, athlète engagé sur le circuit Red Bull Crashed Ice (ice cross downhill). Le circuit mondial allait en effet passer quelques jours plus tard par Marseille, avec une épreuve organisée sur le Vieux-Port.

Voici la retranscription de cette interview !

-Pacôme, peux-tu te présenter en quelques phrases ?

Je m’appelle Pacôme Schmitt, je viens des Gets en Haute-Savoie, j’ai 26 ans. J’ai commencé par le ski et le hockey, j’ai fait ça depuis tout petit, j’ai attaqué ces deux disciplines entre 2 et 5 ans, en compétition. En 2009, j’ai découvert le Crashed Ice à Lausanne, lors d’un event. Je me suis inscrit sur ce championnat du monde en 2013 à Lausanne, à l’occasion des qualifications nationales qui se disputaient sur une patinoire « normale ». Je les ai disputées avec Tristan (Dugerdil), nous nous sommes qualifiés tous les deux pour l’épreuve de Lausanne. On a fait de bons résultats là-bas et nous avons été invités à Québec, où nous avons reçu une wild-card pour disputer la saison suivante. A partir de là, nous avons réussi à marquer assez de points pour assurer notre présence dans le Top 64 mondial. Depuis, nous avons continué sur ce rythme !

-Comment définirais-tu ton sport, le ice cross downhill ?

Je dirais que c’est un mix entre le boardercross, le skicross et le hockey. C’est un parcours vallonné, en descente, avec des virages relevés, des sauts, des obstacles. On est quatre à partir en même temps, et ce sont les deux premiers qui passent au tour suivant. Le but c’est vraiment d’être devant, d’être dans les deux premiers pour accéder à la finale.

– Qu’est ce qui est le plus impressionnant ?

Le public ! On a pas mal d’entraînement sur la piste, on la connaît bien même si elle paraît impressionnante de l’extérieur. Mais quand tu es au départ à Saint-Paul face à 100 000 spectateurs, c’est plus impressionnant que la piste elle-même. C’est dingue ! Il n’y a pas beaucoup de sports où il y a 100 000 personnes sur place pour un event, cela donne une ambiance vraiment sympa…

-Comment tu t’organises en terme de préparation physique et mentale pour arriver au top sur les premières épreuves ?

En gros, nous avons un coach personnel qui nous suit durant toute la préparation, dont une grosse partie se fait en amont, en été. On travaille en musculation, avec une partie cardio niveau endurance – résistance. Pour la partie technique, elle se fera en rollers ou en patins à glace, afin de travailler sur des pumptracks, des skateparks et bosser sur les sauts, les amortis, la vitesse de pied, le patinage (départs/accélérations).

-Quelles sont les qualités à avoir pour un patineur de descente extrême ?

Il faut déjà être résistant et être capable d’enchaîner les runs en gardant le même rythme, mais aussi avoir beaucoup d’explosivité pour être le plus puissant au départ et partir devant. Il faut aussi beaucoup d’engagement, quelque soit la piste, afin de s’imposer face aux concurrents et de ne pas être impressionné par les obstacles. Les pistes de Saint-Paul et de Marseille sont très techniques, avec de gros modules, il faut donc être capable de s’engager à 100% en sachant que l’on doit être solide sur les jambes…

Ton point fort ?

Les départs à 4, je pense que j’arrive à bien lire les lignes de courses et à faire des dépassements là où ce n’est pas jugé possible.

5 ans après, tu as toujours les mêmes frissons au départ, le même shoot d’adrénaline ?

Adrénaline, pas forcément, car on s’est pas mal entraînés sur la piste. Cela reste un championnat du monde donc il y a la pression du résultat, la crainte de se rater en faisant une erreur un peu bête. Du coup il y a forcément un peu de pression au départ, mais cela reste modéré, on essaie de se concentrer sur la course.

-Le Crashed Ice fait une nouvelle fois étape à Marseille, que penses-tu de cette épreuve ?

Au niveau de la piste, c’est une piste très technique, très très sympa à rider. Le fait que ça soit en France nous permet d’évoluer un peu « à la maison », on a un poil plus de pression au départ… Cela reste une course très attendue, on a hâte d’aller rider là-bas et de faire du mieux possible, car la piste est vraiment exceptionnelle, l’emplacement est fou…

Vidéo d’annonce du Red Bull Crashed Ice Marseille 2018, épreuve ice cross downhill avec Pacôme Schmitt

-C’est important à tes yeux qu’il y ait une étape en France ?

Oui bien sûr, en France le sport se développe de plus en plus et est rentré dans la Fédération Française des sports de glace. Je pense que d’ici quatre ans, le sport sera aux JO… Cette année (à Pyeongchang, ndlr), cela n’était pas possible car nous n’avions pas les 25 nations requises pour être éligible pour rentrer aux Jeux. Mais d’ici quatre ans, je pense qu’on les aura. Pour le développement du sport en France, c’est top d’avoir un Red Bull Crashed Ice, cela fait vraiment connaître le sport en France. Derrière, c’est à nous avec la Fédé de développer un peu plus la discipline et d’amener un peu plus de jeunes à faire des initiations, de mettre en place un championnat de France d’Ice Cross Downhill… L’objectif est d’amener un maximum de Français au haut niveau. Il y a une grosse couverture médias lors de l’étape française, énormément de gens viennent regarder, c’est vraiment tout bénéf’ pour le sport et pour nous.

-Si l’Ice Cross Downhill se retrouve aux Jeux dans 4 ans, seras-tu de la partie ?

Oui je l’espère, ce sera une superbe aventure mais à voir si cela suit au niveau physique, et beaucoup de jeunes issus du championnat du monde junior poussent derrière… J’ai toujours donné le maximum pour rester à haut niveau, mais si beaucoup de jeunes rentrent dans le sport et me passent devant, forcément il faudra laisser la place ! Mais on va faire au mieux pour rester devant et aller jusqu’aux Jeux, si l’Ice Cross Downhill rentre aux JO…

-Comment juges-tu ton début de saison ?

Pour moi c’est un bon début de saison, je fais de très bonnes qualifs à Saint-Paul et je vais jusqu’en demi-finales, c’est pas mal… Ca reste un peu décevant par rapport à mon ressenti sur la piste. Début février en Finlande, j’ai connu un week-end assez difficile sur la piste naturelle de Jyvaskyla. Mes qualifs étaient très moyennes, la piste était très piégeuse avec des obstacles dissimulés par la neige  (Pacôme terminera 35e de la course, ndlr)… Je vais désormais essayer de reproduire mon bon résultat de Saint-Paul à Marseille et Edmonton, avec au moins une demi-finale, en tâchant de rester devant pour atteindre la finale.

-Parmi tes concurrents du Red Bull Crashed Ice, y’en a t-il un qui t’inspire plus que les autres, que tu prends comme modèle ?

Bien sûr, quand on voit Cameron Naasz (double champion du monde en titre, ndlr), tellement solide que ce soit en qualifications ou en course… Trés honnêtement, ce mec est désormais devant tout le monde, il arrive toujours à maintenir un level très élevé sur la piste. Si un jour on peut parvenir à ça, ça sera très bien !

-Tes objectifs pour l’épreuve de Marseille ?

Je vise au moins la demi-finale, je vais tout faire pour aller en finale, je me suis entraîné pour. Je pense avoir le physique, avoir ce qu’il faut pour cet objectif. Marseille, c’est une course importante à mes yeux, il y aura ma famille, mes amis, je veux vraiment aller le plus loin possible !

-Il va y avoir une belle bagarre entre les riders…

Absolument, tous les athlètes sont ultra-entraînés, on a tous eu une grosse prépa physique durant l’été. Plus les années avancent, plus le classement est serré, plus les compétitions sont dures… La victoire sera pour celui qui sera le meilleur durant le week-end, qui fera le moins de fautes. Il va falloir être très solide, c’est un championnat du monde !

-Un message à faire passer aux spectateurs de ce Crashed Ice à Marseille ?

Je leur dirais de venir profiter du show, et s’ils peuvent encourager les petits Français, que ce soit les professionnels, les juniors ou les féminines, cela nous fera bien plaisir ! Notre sport est relativement méconnu, encore une fois j’espère que l’on pourra aider ceux qui veulent pratiquer la discipline, les amener sur le devant de la scène. On vous attend tous à Marseille pour cette course qui devrait être très sympa !

Un petit message à adresser à Tristan Dugerdil ?

(Rires) Tristan et moi, nous sommes amis d’enfance mais cela fait un moment que je ne l’ai pas vu, il est parti au cirque… J’attends de voir ce que ça donne pour lui, très honnêtement je pense qu’il va très bien se débrouiller. On verra bien si c’est mieux de danser ou si c’est mieux de s’entraîner !

-Le mot de la fin ?

Je remercie tous les Français qui vont venir sur la course de Marseille, on va faire du mieux que l’on peut pour ramener la coupe en France. Rendez-vous le 17 Février sur le Vieux-Port, pour passer un bon moment tous ensemble !

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Crédit photo de Une : Red Bull Content Pool / Red Bull Crashed Ice Marseille 2017

Le replay du Red Bull Crashed Ice 2018 à Marseille, épreuve ice cross downhill avec Pacôme Schmitt


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