Interview de Valentin Dardillat, l’as du jet-ski

En fin d’année 2015, je vécus une formidable expérience avec un stage étudiant dans la prestigieuse rédaction de The Rider Post, dirigée par celui qui deviendra un ami, Manu Massabova. Je me souviens notamment de l’entrevue ci-dessous, réalisée début octobre 2015 avec le Français Valentin Dardillat. En voici la reproduction !

Vous ne le savez peut-être pas, mais le Français Valentin Dardillat est l’un des top riders de la planète jet skiDouble champion d’Europe en 2013 et 2014, champion du monde 2011 et vice-champion en 2014, déjà un beau palmarès pour ce surdoué de la glisse. Les 10 et 11 octobre prochains, Valentin Dardillat tentera de récupérer sa couronne planètaire à Lake Havasu City (Arizona), et The Rider Post l’a interviewé juste avant son départ. Enjoy !

Valentin, peux-tu te présenter en quelques mots pour ceux qui ne te connaîtraient pas ? 
Je m’appelle Valentin Dardillat, j’ai 24 ans et je fais du jet ski depuis l’âge de six ans. C’est mon père qui m’a dirigé vers ce sport, il faisait lui-même de la compétition. Il est ancien champion de France et vice-champion du monde de la discipline… Dans ma jeunesse, je pratiquais à la fois le jet et le motocross, mais quand j’ai pris un peu de niveau il a fallu faire un choix. J’étais davantage attiré par le jet ski, mon père m’a alors inscrit sur les courses et ça m’a plu ! 
Ma première compétition fut le championnat d’Europe Junior 2004 (Valentin avait 12 ans). A cette époque, nous n’avions pas le droit de faire du jet en France avant l’âge de 16 ans. J’ai continué à progresser (vice-champion du monde junior 2005 et 2006), et je suis passé professionnel il y a maintenant quatre ans.

Valentin Dardillat jet ski (Crédit Photo Lou Dardillat) 

L’expérience de ton père Patrice a dû t’aider à construire ta carrière…
Oui oui, il a été d’une trés gros soutien. Il m’a appris les bonnes bases, il m’a ouvert certaines portes à mes débuts en compétition, du fait de son vécu. Mon père me suit toujours, comme toute ma famille. J’ai la chance d’avoir un super entourage, c’est une force pour moi, encore aujourd’hui…

Ton Team est d’ailleurs une structure familiale, c’est ça ?
Tout à fait, le team se compose notamment de mon père et ma père, de ma sœur Lou et de ma copine. Ils se déplacent sur toutes mes compétitions, nous avons chacun un rôle bien précis !

Valentin Dardillat jet ski  (Crédit Photo Lou Dardillat)

Qu’est ce qui te plaît le plus dans le jet ski ? 
J’ai toujours été un compétiteur dans l’âme, quoi que je fasse. L’envie de gagner ressort toujours, que ce soit du sport ou un jeu de carte entre amis ! La compète m’a toujours attiré… Après, le fait que mon père soit resté auprès de moi (il est chef mécanicien du team) joue aussi. Mais j’habite à Royan, près de la mer et j’ai toujours pratiqué la voile, le surf, pas mal de sports nautiques… Le mix entre sports motorisés et sports de glisse me correspondait bien !

Dans quelle catégorie évolues-tu ?
En jet ski, on a le jet à bras, où l’on est debout en permanence avec un guidon monté sur un bras articulé, et le jet à selle (le Français Cyrille Lemoine y a collectionné 11 titres de champion du monde). On est alors principalement assis, cela concerne surtout l’endurance, les parcours de reconnaissances ou le loisir. Pour ma part, j’évolue donc en jet à bras, sur de petits circuits balisés par des bouées. Le départ s’effectue comme sur un circuit de moto, sauf que tout se passe sur l’eau !
On tourne entre 15 et 20 minutes, en fonction des championnats. Après, cela fonctionne en catégories : junior – quand on débute – amateur, expert et pro, qui correspondent aussi à une puissance des moteurs. En amateur, on court avec les moteurs d’origine, non modifiés. En expert, les moteurs vont jusqu’à environ 140 chevaux avec quelques modifs possibles. Enfin, en pro, on est limités en cylindrées mais pas en puissance. On a des machines de 180 à 200 chevaux, sur lesquelles s’affrontent les meilleurs riders.

Valentin Dardillat jet ski  (Crédit Photo Lou Dardillat)

Valentin dardillat

Comment s’organise ta préparation d’avant-saison, pour dompter de telles machines ?
Tout d’abord, il n’y a pas de secret, il faut faire énormément de jet ! J’en fais depuis un certain temps, j’ai donc acquis beaucoup d’expérience et c’est un gros avantage pour piloter une machine si puissante. Toute l’année, je m’astreins à une grosse préparation physique, avec beaucoup de renforcement musculaire en janvier et février. Mes entraînements sont ensuite adaptés en fonction de la saison et des courses.
Avec mon coach, je travaille les réflexes et l’équilibre, je fais également du cardio, du crossfit…Nous mixons aussi entraînement physique et jet ski, avec des circuit training bien spécifiques. Sur une semaine, j’effectue en moyenne 2 à 3 entraînements physiques plus 2 entraînements de jet, lorsqu’il n’y a pas de compétitions.

As-tu vécu ton premier titre mondial comme une consécration ?
C’était le résultat de beaucoup de travail avec mon père et tout mon entourage, nous travaillions déjà depuis des années pour ce titre. Ces championnats du monde sont une course vraiment mythique, notamment le lieu qui les accueille chaque année. S’il y a quelque chose à remporter en jet, c’est bien cette course aux Etats-Unis… Ramener ce titre mondial fut un grand moment, et également une belle satisfaction pour mon père, qui avait manqué de peu ce sacre durant sa carrière de pilote.

Quels seront tes objectifs pour cette édition 2015 ?
Je serai engagé dans deux catégories, en Pro GP et Pro Ski Open. Je vise le titre qui me manque, en Ski Open, mais le top serait de remporter les deux courses ! Elles se disputeront le même week-end (les 10 et 11 octobre). Mon année fut très compliquée, je n’ai pas eu beaucoup de courses pour exploiter mon entraînement. J’ai donc hâte de disputer ces championnats du Monde et d’enfin montrer son savoir-faire !

Valentin Dardillat Jet ski (Crédit Photo Lou Dardillat)

Qui seront tes principaux adversaires sur ce Mondial ?
Dans la catégorie Pro, une vingtaine de nations différentes seront représentées. Nous sommes 6-7 pilotes à avoir le potentiel de gagner le titre mondial. Mes principaux adversaires seront un autre Français, Jérémy Poret, un Autrichien, un Américain, un Canadien, un Norvégien et un Sud-Africain.

Si tu devais délivrer un message aux jeunes riders, pour qu’ils se mettent au jet ski ? 
Le jet ski est un sport de niche – nous ne sommes vraiment pas médiatisés – mais c’est un sport très fun, et pas si dangereux que ça contrairement à la moto. On a énormément de sensations de glisse, avec un moteur très puissant et la liberté d’aller où l’on veut… Tous les jeunes qui sont attirés par les sports mécaniques ou les sports de glisse, comme le surf et le wake, devraient essayer le jet ! C’est vraiment un sport pour les jeunes, et pas très onéreux si on le pratique en loisir.

Un dernier mot ?
Tout d’abord, merci à toi et à The Rider Post de me permettre de m’exprimer sur ma passion. Je remercie bien sûr tout mon entourage qui me suit chaque saison, depuis très longtemps. Ces personnes ne m’ont jamais lâché et sont super efficaces. J’ai un petit cercle, mais composé de très proches, que ce soit ma famille, mon entraîneur physique, mon préparateur mental ou mon nutritionniste. On a encore de belles choses à faire ensemble !

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