Protégeons la santé mentale des sportifs !

Ils brillent sur les tatamis, dans les piscines olympiques, sur les pistes d’athlétisme ou les terrains de rugby. Mais les athlètes ne sont pas que des collectionneurs de médailles, des briseurs de chronos, les auteurs de performances extraordinaires.
Derrière ces sportifs propulsés sur les devants de la scène, couverts de gloire, d’attention et de lauriers pour les plus chanceux, il y a avant tout de simples hommes et femmes. Capables du meilleur comme du pire sur un court de tennis, un circuit de Formule 1, une patinoire de hockey.


On vante souvent les fantastiques ressources mentales d’un sportif de haut niveau. Pourtant, encore une fois, l’athlète n’est pas infaillible. Il peut souffrir d’anxiété, de dépression, de burn-out, ou simplement mal vivre ses défaites ou l’éloignement d’avec ses proches. La vie de sportif de haut niveau est loin d’être un long fleuve tranquille, au contraire celui-ci est parsemé de nombreux remous que constituent les échecs douloureux et autres vicissitudes de l’existence.
Autant dire que la santé mentale des athlètes est en danger, à longueur d’année et de carrière… et ce n’est pas l’immense Mickael Phelps qui dira le contraire.

Michael Phelps /Photo Jeff Curry/Getty Images/AFP
Michael Phelps /Photo Jeff Curry/Getty Images/AFP

Vainqueur de 23 titres olympiques, la légende de la natation a ainsi produit courant 2020 un documentaire diffusé par HBO, «The Weight of Gold» («Le poids de l’or»).
Dans cette œuvre, Mickael Phelps a souhaité faire la lumière sur un problème mis sous l’éteignoir en sport : la santé mentale des athlètes. D’autres vedettes olympiques apparaissent dans le documentaire, telles la sprinteuse Lolo Jones et le skieur Bode Miller, qui militent pour que les plus hautes instances du sport investissent davantage dans l’aide pour la santé mentale.

« Je peux le dire honnêtement, je ne crois pas qu’en me remémorant ma carrière, quelqu’un ait été assez impliqué pour nous aider. Je ne crois pas que quiconque soit venu nous demander si nous allions bien. Tant que nous avions des performances, je crois que rien d’autre ne comptait. […) Cela me brise le cœur parce qu’il y a tellement de gens qui se soucient de notre bien-être physique, mais je n’ai jamais vu personne se soucier de notre bien-être mental», affirme Michael Phelps.  Comme l’écrit la journaliste de Paris Match Clémentine Rebillat dans son article du 30 juillet 2020, Phelps «  estime à 80% le nombre d’athlètes souffrant de dépression post-olympique et déplore le manque de suivi des sportifs entre chaque échéance olympique ou mondiale ». Effarant.

Dak Prescott
Dak Prescott

En football américain, le joueur des Dallas Cowboys Dak Prescott a pour sa part souffert d’anxiété et de dépression en raison du suicide de son frère au mois d’avril 2020 et de la pandémie de COVID-19. « Les problèmes de santé mentale sont quelque chose de bien réel, particulièrement dans le monde d’aujourd’hui avec les réseaux sociaux. […] C’est important d’en parler. C’est important d’aller chercher de l’aide. Ça sauve des vies. », a confié l’athlète, des déclarations reprises dans un article de TVA Sports.

En parlant de pandémie de Coronavirus, le confinement généralisé a bien évidemment eu des effets dévastateurs sur les sportifs de haut niveau. Citons ainsi une étude menée fin avril 2020 par la Fédération internationale des associations de footballeurs professionnels (Fifpro). L’instance a interrogé 1 602 athlètes issus de seize pays différents et les résultats sont troublants : 22 % des joueuses et 13 % des joueurs ont fait état de symptômes correspondant à un diagnostic de dépression, soit le double des pourcentages observés en début d’année, comme l’écrit Chloé Ripert, journaliste au Monde, dans un article publié le 23 juin 2020.

Les exemples sont légion (la star du ski Lindsey Vonn a ainsi souffert de dépression durant de nombreuses années) et concernent tous les sports, autant dire que le problème de santé mentale des athlètes est à prendre à bras-le-corps. Avant qu’il ne soit trop tard…

Santé mentale des sportifs
Santé mentale des sportifs

A noter une parution très intéressante du Comité International Olympique datée d’avril 2019, où il est notamment énoncé que « Les études scientifiques signalent actuellement que les troubles de santé mentale affectent jusqu’à 35 % des athlètes d’élite à un stade ou à un autre de leur carrière. Cela peut aller de l’épuisement et de la toxicomanie aux troubles de l’alimentation, à la dépression et à l’anxiété. Les facteurs déclencheurs peuvent être extrêmement variés, les études relevant une palette de facteurs contributifs allant de la mauvaise qualité du sommeil aux pressions subies dans le cadre des processus de sélection ou à une retraite prématurée pour cause de blessure. Dans le cas de Phelps et de bien d’autres, c’est la baisse radicale d’activité après les Jeux qui a provoqué une spirale descendante menant à des pensées suicidaires. »

Je vous invite également à consulter l’article du site web québécois Balle Courbe publié le 29 janvier 2020, qui compile des exemples récents d’athlètes ayant pris la parole dans le but de sensibiliser le grand public aux troubles de santé mentale.

Merci de m’avoir lu sur ce sujet qui me tient à cœur, un sujet hélas encore tabou.
Je souhaitais ainsi mettre en lumière la Journée mondiale de la Santé Mentale 2020, qui aura lieu le 10 octobre prochain. Et les athlètes, comme vous l’avez vu, ne doivent pas être oubliés dans cette lutte pour le mieux-être…

Teddy Riner (Photo par Lucas Barioulet / AFP)
Teddy Riner (Photo par Lucas Barioulet / AFP)

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