Interview de Charlotte Consorti, star du kitesurf

Durant trois mois, à l’été 2014, je fus journaliste stagiaire pour le site web meltyXtrem.fr, aujourd’hui disparu. Une formidable expérience puisque je fus notamment envoyé sur plusieurs gros évènements (dont le Swatch Girls Pro France 2014), et réalisai quelques interviews importantes par la suite, en tant que freelance. Je me souviens notamment de l’entrevue ci-dessous avec Charlotte Consorti, triple championne du monde de kitespeed, réalisée il y a exactement six ans, le 16 octobre 2014 !

Depuis ses débuts en kite en 1999, Charlotte Consorti s’est forgée un palmarès exceptionnel dans sa discipline. En kitesurf de vitesse (ou kitespeed), la rideuse a déjà collecté trois titres de championne du monde et elle est la femme la plus rapide du monde sur l’eau à la voile. Son record : 50,43 noeuds (93 kilomètres/heure) sur 500 mètres, une marque établie en 2010 en Namibie. Avoir franchi la barre des 50 noeuds n’a pas rassasié la kiteuse d’Aigues-Mortes, qui s’est lancée un nouveau challenge. Charlotte Consorti s’apprête ainsi à s’envoler vers Salin-de-Giraud (Bouches-du-Rhône), dans le cadre de l’évènement « Salt and Speed ». Là bas, elle tentera d’améliorer son record du monde de vitesse, en compagnie de Rob Douglas, Alex Caizergues et Marie Desandre Navarre. De quoi faire vibrer Charlotte Consorti qui a participé, ce 16 octobre au Mondial de l’Auto de Paris, à la présentation du Mondial du Vent 2015 (18-26 avril prochains à Leucate). Voici l’interview exclu de cette passionnée de glisse…

Charlotte, comment as-tu découvert le kitespeed ?

Je me suis mise à la vitesse en 2003, grâce à des amis. Je faisais alors des compétitions de kitesurf freestyle, mais j’avais du mal avec le système de jugement. En vitesse, il y a un chrono, on se bat contre soi-même et pas forcément contre les autres. J’ai bien accroché avec cette discipline et j’ai donc continué ! J’ai peu à peu abandonné les compètes freestyle pour me consacrer pleinement à la vitesse. Je pratique toujours le freestyle en loisir, car j’adore ça.

As-tu beaucoup évolué dans ta glisse ces dernières années ?

Absolument, la vitesse est une discipline qui évolue énormément, mon premier record de vitesse était autour des 28 nœuds ! J’ai évolué en tant qu’athlète et le matériel joue également un rôle. Les pratiquants ont aussi compris qu’il fallait privilégier les plans d’eau sélectifs, là où les vents sont de plus en plus forts.

La barrière des 54 nœuds (100 kilomètres/heure) te fait-elle rêver ?

Elle me fait bien sûr rêver, mais il faut y aller petit à petit. J’espère déjà faire mieux que mes 50 nœuds, c’était aussi une barrière difficile. Les 54 nœuds, c’est encore autre chose. Les meilleurs hommes sont actuellement à 55-56 nœuds (Alex Caizergues a établi un record du monde de vitesse à 56,62 noeuds le 11 novembre 2013 à Salin-de-Giraud,ndlr), il faudrait qu’ils fassent 60 nœuds pour que j’aie une chance de m’approcher des 54 nœuds… Dépasser 100 kilomètres/heure ne me semble pas inimaginable, cela paraît même tout à fait possible. Il me reste cependant des étapes à franchir.

Qu’est ce qui t’as poussée à participer au « Salt and Speed », qui s’ouvre ce 16 octobre à Salin-de-Giraud ?

Un record est fait pour être battu, c’est un peu une drogue, j’ai toujours envie d’aller plus vite. Les vitesses masculines augmentent, donc je ne veux pas trop me laisser distancer ! Je ne veux pas non plus attendre que mon record tombe pour l’améliorer. Alex m’a invité, je ne pouvais pas refuser. J’ai vraiment envie de battre mon record.

Tu ne connais pas le spot, es-tu soulagée de retrouver là-bas Rob, Alex et Marie ?

Oui, ça me rassure qu’ils soient là et cela me rassure d’être en France pour cet événement. En Namibie, Alex était là, mais j’étais loin de mes proches et du milieu que je connais, par exemple l’hôpital en cas d’accident. Je me sens un peu plus en sécurité en France.

Es-tu impatiente de recevoir les « Alerte mistral fort » ?

Pour le moment je suis surtout impatiente de découvrir le spot ! Je ne me vois pas aller tout de suite dans 50 nœuds, sur un plan d’eau que je ne connais pas. Alex m’a prévenue, ce spot n’est pas facile. Je pars complètement dans l’inconnu, j’ai hâte d’y être et de faire un premier run de 40 nœuds, ça sera déjà génial ! L’objectif est de prendre mes marques.

Aux championnats de France de kitespeed, tu as été battue d’un souffle par Angély Bouillot. Comment as-tu vécu cela ?

En fait je n’avais pas envie d’aller à ces championnats, j’ai eu ce que je méritais. Je n’étais pas dedans, j’étais prête physiquement mais pas mentalement. Angély est vraiment très très forte. Deux semaines avant la compétition, j’avais coaché l’équipe de France de vitesse et elle avait fait d’excellents entraînements. Je savais qu’il faudrait que je me batte et que, pour une fois, j’allais avoir de la concurrence. Cela va me faire du bien, il faut aussi des échecs pour progresser. Cela va me booster pour le Mondial du Vent 2015 et tirer le kite féminin de vitesse vers le haut !

Il y avait peu de filles inscrites aux France dans cette discipline. Le speed fait-il peur aux kiteuses ?

Oui, je pense que la vitesse leur fait peur. Je motive pourtant des filles, mais elles reculent devant les conditions extrêmes. Il faut aimer ça, la discipline est vraiment physique. Il faut faire son premier run pour vraiment goûter à l’adrénaline. Tant que l’on n’a pas essayé, on ne peut pas comprendre ce qu’est le plaisir de la vitesse.

Quel bilan fais-tu de ton année 2014 ?

Ce fut un année compliquée car j’ai passé mon diplôme d’entraîneur, ce n’était pas évident de retourner à l’école. J’ai coaché, enseigné, formé, j’ai acquis beaucoup d’expérience. Le bilan 2014 est positif car j’ai eu mon diplôme et j’ai réussi à remporter le Mondial du Vent. Je suis motivée pour réaliser un nouveau record du monde de vitesse et ainsi conclure l’année en beauté ! Ce challenge « Salt and Speed » me donne un regain d’énergie, ça a été dur de cumuler entraînements, compétitions, cours, voyages pour les sponsors… J’ai besoin de me reposer.

Quel sera le programme de tes vacances ?

Je prendrai un mois de repos à la neige, en décembre (le « Salt and Speed » s’achève le 3 décembre, ndlr). Je vais faire du snowboard, sans toucher au kite. Je pense que je partirai cet hiver faire des voyages kite, en janvier-février. J’aurai également des réglages à faire au niveau du matériel.

Comment t’entretiens-tu physiquement en hiver ?

Je fais de la préparation physique en salle, beaucoup de snowboard et des voyages kite à l’étranger.

Quels sont justement tes spots favoris à l’étranger ?

J’adore changer chaque année et découvrir de nouveaux endroits, le voyage est pour moi une deuxième passion. Je pense retourner en Martinique, puisque nous avions fait un beau voyage l’an passé avec José Garcia (pour le documentaire « José Garcia défie les champions de kitesurf » sur France Ô, ndlr) ainsi qu’en Afrique du Sud. Je rêve également de découvrir la Nouvelle-Zélande, l’Australie et l’Argentine. J’ai beaucoup d’idées (rires) !

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